Le tourisme et la question de genre dans le secteur de la pêche en Corse
Katia Frangoudes

Resumo
A Córsega é a quarta maior ilha do Mar Mediterrâneo e, a cada ano, recebe 2 milhões de turistas. Neste trabalho, a relação entre pesca e turismo será analisada. A pesca é praticada por pequenos barcos (215) e constitui-se como atividade sazonal. Mau tempo durante o inverno, mercado escasso e outras razões obrigaram os pecadores a trabalharem cerca de 6 meses por ano. As famílias de pescadores tiveram de adaptar suas atividades a essa realidade através do desenvolvimento de novas atividades. O turismo representa outra fonte de renda através de locação de apartamentos ou quartos e abertura de restaurante ou através da venda de peixe. Os homens estão pescando e as mulheres transformam a produção em valor. Para a família de um pescador, o maior objetivo é ganhar dinheiro suficiente para durar todo o ano.
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La Corse est la quatrième plus grande île de la Méditerranée avec une superficie de 8691 Km2. Elle accueille 2 millions de touristes par an grâce à la beauté et la qualité de ses paysages et de ses plages. L'activité touristique se déroule principalement entre juillet et août (60% de touristes). Elle concentre principalement sur la zone littorale même si les montagnes attirent un nombre important des touristes pour y randonner ou pour y habiter. Le revenu du tourisme s'élève à 840 € millions par an.
Qualité environnementale
La qualité du littoral en Corse est une des meilleures de France. L'absence d'industrie et les importants financements de la région en matière de préservation d'environnement expliquent ce résultat. De nombreuses espèces sont protégées (faune et flore) et de nombreux sites font l'objet de classification. A titre d'exemple, le Parc Naturel Régional (PNR), crée en 1973, couvre un tiers de la superficie de l'île. La réserve naturelle de l'île Scandola, classée par l'Unesco en 1975 comme patrimoine mondial de l'humanité, se trouve dans le périmètre du PNR. Dans le parc nous trouvons aussi les plus hauts massifs de la grande barrière ainsi que les aiguilles de Bavella au sud-est.
Au sud de l'île, nous trouvons la réserve naturelle des bouches de Bonifacio qui fait partie du périmètre du parc marin international Corso-Sarde crée en 1992 (accord entre la France et l'Italie).
Cette richesse écologique et environnementale de l'île constitue un attrait pour les touristes qui quotidiennement partent visiter les deux réserves naturelles marines. Ainsi une nouvelle activité économique est créée : le transport des passagers. Un certain nombre de pêcheurs s'est reconverti dans ce métier qui leur offre une meilleure carrière au niveau salarial mais aussi au niveau de la retraite.
Économie
La principale activité économique de l'île est le tourisme. Le secteur tertiaire est très important, il représente 68 % de l'emploi total sur l'île. La fonction publique est le principal employeur de l'île avec 32 % de l'emploi du tertiaire. L'agriculture, la pêche et l'industrie sont loin dernière, chacun de ces secteurs représentant environ 6% de l'emploi. A partir de ce constat, il est évident que les activités qui relèvent du secteur primaire sont importantes pour le maintien de la population dans les zones rurales. Les autorités territoriales cherchent à préserver et à développer ces activités et la pêche en fait partie.
Les touristes représentent le principal marché pour les produits de la mer. Par conséquent, le maintient et le développement du secteur de la pêche sont étroitement liés avec ceux du tourisme. Le développement des activités complémentaires pendant la saison touristique devient une priorité pour les organisations de pêcheurs mais aussi pour les autorités territoriales de l'île. Les familles de pêcheurs doivent s'adapter à une activité saisonnière pour pouvoir s'en sortir financièrement le reste de l'année. La haute saison pour la pêche se situe entre mi-avril et mi-octobre.
Méthodologie
Des entretiens semi-directifs ont été utilisés pour la rédaction de ce texte. Dix de ces entretiens ont été individuels et les autres collectifs. A partir de ces entretiens, nous cherchions à identifier le rôle des femmes dans le secteur de la pêche, les causes de la création de l'association des femmes et les relations qu'elles entretiennent avec les organisations de pêcheurs. Les personnes rencontrées sont des femmes membres de l'association ainsi que les représentants des pêcheurs. Le lien entre l'organisation des femmes et les organisations de pêcheurs a constitué un point important lors des entretiens.
Présentation de la pêche:
La flotte corse se compose de 228 navires dont:
- 12 chalutiers
- 12 corailleurs
- 6 vedettes qui opèrent au-delà de 3 milles ayant une licence de petits métiers
- Et 198 navires de moins de 12 mètres qui font partie de la petite pêche (OFIMER 2002).
Emploi: la pêche représente 350 emplois
En 2002 la production annuelle était de 2 900 tonnes hors aquaculture dont:
- 120 tonnes de langoustes et d'araignées de mer
- 450 tonnes de poissons d'étang
- 1480 tonnes de poissons marins
- 900 tonnes de production aquacole
Les chiffres concernant la production ne représentent pas la réalité puisque la plus grande partie de la production est vendue directement par les pêcheurs. Pour le moment, il n'existe aucune centralisation de ventes directes.
- 75 % de la production est vendue individuellement dont : 40 % aux restaurants, 35 % aux particuliers,
- 24 % aux poissonniers et grossistes et seulement 1% aux grandes surfaces. Le chiffre d'affaires annuel est estimé entre 15 et 17 millions d'euros (OFIMER, Préfecture Corse).
Les principales espèces pêchées sont : langoustes, langoustines, crevettes rouges, sérioles, daurades, rougets barbets, bonites, chapons et ce qu'on appelle localement la « soupe » (espèces de petites tailles destinées à la soupe).
Les engins utilisés sont multiples puisque les navires de la petite pêche possèdent une licence leur permettant d'utiliser plusieurs engins tels que : trémails à petites mailles, tramail à grosse maille, senne ou thonaillère, palangres de fonds et de surface, etc... L'utilisation de tel ou tel engin dépend de l'espèce ciblée et de la saison.
Durée des sorties
Les sorties en mer sont journalières et ne durent que quelques heures. Les pêcheurs sortent plusieurs fois par jour dans la mesure où l'activité se déroule principalement à l'intérieur de la zone des trois milles de la côte. Il faut noter l'absence totale de plateau continental sur la côte Ouest et l'étroitesse du plateau sur la côte orientale de l'île. Seulement 30 navires opèrent régulièrement à l'extérieur de la zone des trois milles. Ainsi toute l'activité halieutique se concentre près de la côte qui, pour beaucoup, est considérée comme surexploitée. Pour déconcentrer l'effort de pêche sur cette zone, les organisations professionnelles réclament la construction de navires qui leur permettraient d'opérer plus loin et qui leur permettraient de viser des espèces qui ne sont pour le moment pas ou peu exploitées localement comme les anchois et les sardines ou encore les thons rouges.
Les principales règles de gestion
Les règles les plus importantes en matière de gestion de la ressource émanent de la Politique Commune de Pêche (PCP) mise en place par l'Union Européenne. Le principal objectif de la PCP est la conservation de la ressource puisque les stocks halieutiques sont dégradés. En Méditerranée, il n'existe ni quotas ni Zone Economique Exclusive (ZEE). Les États méditerranéens ont sous leur juridiction la zone des 12 milles, et au-delà nous sommes en haute mer. La seule espèce soumise à un régime de quota est le thon rouge ( Thunnus thynnus ). Les navires méditerranéens sont soumis à un régime de licence qui leur autorise tel ou tel engin de pêche. La licence des navires de la petite pêche leur permet d'utiliser plusieurs engins de pêche.
En Corse, la gestion de la pêche est assurée par les organisations locales de pêcheurs qui agissent dans les cadres réglementaires européen et national. La principale organisation locale est la prud'homie. Il s'agit des plus vieilles institutions de pêcheurs qui existent en France mais elles ne sont présentes qu'en Méditerranée. La prud'homie de Marseille et celle de Collioure sont les plus anciennes parmi celles-ci. Les premières sources écrites parlant de prud'homies datent du 17 ème siècle (Tempier 1985, Fangoudes 2001 , Féral 1985 ). Les prud'homies gèrent, depuis des siècles, les activités halieutiques qui se déroulent sur leur territoire dans le but d'éviter les conflits entre les différents métiers. Les conflits ou les diverses infractions sont jugées au sein de la prud'homie par les prud'hommes, personnes élues par les membres de chacune des prud'homies. En Corse nous dénombrons 4 prud'homies : Ajaccio, Bastia, Calvi et Bonifacio. Leur juridiction s'étend sur un territoire déterminé.
Aujourd'hui, les prud'homies sont le relais du Comité Régional de Pêches Maritimes (CRPM) au niveau local. Le CRPM est une autre organisation des pêcheurs beaucoup plus moderne (1945). Dans les autres parties du pays tous les comités des pêches sont organisés en trois niveaux (local, régional et national). En Corse vu l'étendue du territoire les comités locaux sont supprimés au profit d'un comité régional qui fait partie du Comité National des Pêches Maritimes et des Élevages Marins. L'absence de comités locaux a permis aux prud'homies de se maintenir et de jouer encore un rôle important au niveau de la pêche, ce qui n'est plus le cas en méditerranée continentale.
Les mesures de gestion les plus rencontrées en Corse sont les interdictions géographiques, et les interdictions saisonnières visant certaines espèces. Les cantonnements de pêche, lieux où la pêche est interdite, datent des années 80. Ils ont été désignés par les organisations de pêcheurs en collaboration avec les Affaires Maritimes. Les cantonnements de pêche ont comme principal objectif le repeuplement des fonds marins pour une meilleure exploitation des ressources vivantes (G. Pergent, Ch. Pergent-Martini, 1997).
Par ailleurs, la pêche est régulée voir limitée au sein des deux réserves naturelles marines protégées (Calvi et Bouches de Bonifacio). En cas d'infractions dans ces zones les sanctions sont très sévères comme par exemple la saisie des engins. Au moment de la création de ses réserves, les prud'homies ont été intégrées dès le départ dans ce processus. Par conséquent, elles ont été présentes lors de la mise en place des différentes interdictions dans les réserves. Ainsi il existe peu de tensions entre les intérêts écologiques et les intérêts de la pêche professionnelle. Les permis de pêche sont délivrés par les prud'homies. " Je suis la seule à pêcher dans la réserve de Scandola... Je pars très tôt le matin et je rentre vers le milieu d'après midi. Les autres ne veulent pas aller aussi loin.... " (1).
La dernière mesure de gestion prise par les pêcheurs corses est l'augmentation du nombre de mois de la période d'interdiction de la pêche à la langouste. L'interdiction passe de 5 mois à 6 mois. Cette mesure qui a bénéficié de l'aval des scientifiques est indispensable pour éviter la diminution des débarquements de langoustes. " Il y a quelques années je pêchais 80 kilos de langoustes en deux jours... aujourd'hui, j'arrive à pêcher 8 langoustes en deux jours et je considère que c'est bien " (2). Ce sixième mois est appelé " arrêt biologique " ainsi les pêcheurs bénéficient d'une compensation financière de 4500 €, comme manque à gagner, de la part des autorités territoriales. La pêche est interdite du 1 er septembre au 1 er mars. Cette date a été légèrement modifiée pour permettre aux pêcheurs de finir la saison touristique pendant laquelle ils réalisent leurs meilleures ventes. (15 mars au 15 septembre).
En Corse la haute saison de la pêche est liée à la haute saison touristique, soit 6 mois par an. La concentration de l'activité halieutique entre avril et septembre est justifiée par les mauvaises conditions météo le reste de l'année. Par contre, personne ne mentionne l'absence des touristes et par conséquent l'absence de marché pour justifier cet arrêt d'activité. Le tourisme permet une meilleure valorisation de la production halieutique.
La courte période de pêche pousse les familles à rechercher d'autres moyens pour améliorer le revenu familial. Différentes stratégies se mettent en place : l'épouse cherche un emploi dans un autre secteur ou développe une activité complémentaire qui est liée à la pêche. Dans tous les cas les femmes occupent un rôle important puisque la tradition corse veut que " les femmes s'occupent du porte monnaie ".
Pluri-activité et participation des femmes
Chaque famille de pêcheur développe ses stratégies en fonction de ses capacités financières et de ses moyens humains. Le choix de cette stratégie est faite au niveau familial et dépasse souvent la famille nucléaire. L'activité la plus répandue est la vente directe. Elle permet une meilleure valorisation de la production. Différentes formes de ventes ont été observées en Corse : la vente directe au débarquement, la vente à partir d'un véhicule frigorifique sur un point fixe mais aussi itinérante, au halle de mareyage, dans une halle collective, etc.
La deuxième activité privilégiée est la restauration. Quelques familles font ce choix malgré le besoin d'investissements financiers importants au démarrage. Il semblerait que cette activité soit choisie par des familles au sein desquelles il existait dejà une telle tradition.
La location des chambres, des maisons ou la gestion d'une auberge bleue sont des activités qui peuvent offrir un revenu complémentaire à condition de disposer d'une propriété privée.
Dans le but d'élargir l'éventail des sources de revenus complémentaires, les organisations locales de pêcheurs développent des nouveaux concepts tels que "Pesca Tourismo". Il s'agit du développement de nouvelles activités destinées aux touristes. A titre d'exemple, le développement de sorties de pêche pour les touristes fait partie de ce concept. Les épouses pourront cuisiner les prises de la sortie pêche pour les touristes qui y ont participé ainsi que pour leur famille.
Le développement des auberges bleues, sur le même principe que l'auberge à la ferme chez les agriculteurs, pourra être une autre stratégie pour certaines familles. L'auberge bleue est un lieu de restauration où les épouses ou un autre membre de la famille cuisineront la production du navire des hommes. Ce type de restauration représente des contraintes car il ne s'agit pas de faire une concurrence déloyale aux restaurants.
La vente
La vente directe de poisson frais est historiquement une affaire de femmes. Les femmes vendaient le poisson au débarquement ou sur les marchés des villes voisines. Aujourd'hui elles pratiquent toujours ces types de vente mais les objectifs sont modifiés. Il ne s'agit plus simplement d'écouler la production mais de la vendre au meilleur prix possible. La vente directe procure un revenu plus élevé. Il s'agit de gagner assez d'argent pour vivre convenablement pendant la période creuse où la pêche est inexistante.
Dans le garage de nombreuses maisons de pêcheurs ont été construits des viviers où sont stockées les langoustes. Ainsi la vente se réalise à la maison par les femmes, à des clients qui savent que le pêcheur dispose d'un vivier à langoustes :" Nous avons un vivier dans le sous-sol de notre maison où nous stockons les langoustes qu'on vend aux particuliers. La vente à domicile est un dépannage car nous n'avons pas l'infrastructure nécessaire pour le faire" . Mais cette forme de vente garantit un meilleur prix que celui offert par les mareyeurs. L'objectif est de vendre le minimum de langoustes aux mareyeurs et de plutôt les garder pour la vente directe.
La vente de poisson en camionnette réfrigérée est une autre forme de vente. Dans le passé, le transport de poisson se faisait avec le minimum de précautions sanitaires mais aujourd'hui ceci n'est plus envisageable vu les normes sanitaires en vigueur au niveau de l'Union Européenne. Évidemment, le prix d'achat d'un véhicule aux normes représente un grand investissement financier. Mais cela permet aux femmes de se déplacer dans les villages de montagne pour vendre leurs produits ; villages de montagne où vit une grande partie de la population corse. D'autant plus que pendant la période estivale de nombreux touristes ainsi que des corses du continent s'ajoutent à la population locale en louant des maisons.
L'achat d'une voiture réfrigérée
F. est conjointe d'un pêcheur et femme au foyer. Elle habite dans le Nord de l'île et raconte qu'elle va bientôt vendre le poisson de son mari en camionnette dans les villages de montagne. Pour effectuer cette tâche, elle va travailler avec sa belle-soeur dont le mari est aussi pêcheur :
« La famille de mon mari est très unie et mon beau-père est le chef de la famille. C'est lui qui décide de l'avenir de la famille dans son ensemble. Un jour il est venu me voir pour me demander si j'étais d'accord de conduire la camionnette et vendre la production familiale. Je lui ai donné mon accord. Il faut penser à l'avenir de nos enfants » (3).
F. accepte de vendre le poisson car elle veut garantir un meilleur avenir à ses enfants. Par ailleurs, elle nous confirme que l'achat d'un tel véhicule est un grand investissement auquel il faut ajouter l'achat des balances et de la machine qui produit de la glace, etc. Le camion est obtenu grâce à un crédit auprès du concessionnaire automobile car les banques ne veulent plus prêter d'argent aux Corses. Le reste de l'argent provient d'un financement personnel. Sa nouvelle vie exigera une réorganisation de son emploi du temps. Il faudra trouver quelqu'un pour lui garder ses trois enfants puisqu'elle doit quitter la maison vers 5 heures du matin et rentrer vers midi. Elle ne peut pas laisser ses enfants seuls dans la mesure où son mari sort en mer aux mêmes heures. Mais elle trouvera une solution puisqu'elle veut travailler.
La participation de sa belle-soeur est nécessaire pour assurer la vente. L'une conduira le véhicule pendant que l'autre va vendre. Pour le moment elle est confrontée à des questions techniques au niveau sanitaire pour lesquelles elle n'a pas de solutions. A titre d'exemple, comment emballer la langouste ou comment tenir les pattes ? L'utilisation du papier journal et des élastiques fréquemment utilisés jusqu'à là n'est pas autorisée. "Si les services vétérinaires ferment les yeux ceci n'est pas le cas de la gendarmerie " (4). Pour le moment elle attend l'arrivée du véhicule du continent.
Une autre femme rencontrée dans une ville du sud vend le poisson à partir d'un véhicule qui est stationné dans un parking près d'une halle vendant des légumes, du fromage, etc. Elle pratique la vente depuis 20 ans. Au début, elle allait vendre le poisson dans les villages de montagne mais pour des raisons de santé elle ne pouvait plus continuer. Elle a trouvé une autre solution qui n'est pas inintéressante : elle a obtenu l'autorisation de la municipalité pour occuper une place fixe. Son véhicule répond aux normes sanitaires européennes et lui a coûté 50 000 €. Il s'agit d'un investissement lourd pour la famille mais grâce à son travail ils arrivent à s'en sortir. Son époux vient de construire un nouveau navire d'une valeur de 150 000 €.
Ouverture d'un point de vente
Un autre couple a opté pour une stratégie différente. L'épouse a abandonné son emploi d'enseignante pour ouvrir une poissonnerie. Elle vend la production de deux chalutiers familiaux qui pêchent principalement des crevettes et des langoustines. « Les deux chalutiers ne sortent pas à la même heure ainsi il y a une vente différenciée des produits. L'un vend en fin d'après midi et l'autre dans la matinée » (5). Il est évident que la production de deux chalutiers ne peut pas arriver au même moment sur le marché si non il y a effondrement des prix. En gérant ainsi la vente, ils arrivent à obtenir de meilleurs prix. Dans ce type de poissonnerie ils ne peuvent pas vendre la production d'autres navires. Les gens aiment acheter le poisson dans une poissonnerie qui appartient à un pêcheur parce qu'il s'agit d'un signe de qualité des produits. Elle quitte la maison tous les jours à 5h30 du matin pour ne rentrer qu'à 12h30. Par ailleurs, elle s'occupe de toutes les affaires administratives et comptables des navires.
Une halle de mareyage
Le mari de C. opère en vedette et cible principalement la langouste et des grands migrateurs. Le thon et l'espadon sont pêchés à la palangre de surface et les langoustes au filet. Un jour C. décide de reprendre une activité. Elle pense créer une poissonnerie mais abandonne vite ce projet. En faisant des recherches sur la poissonnerie elle a appris qu'elle ne pourrait pas vendre du poisson pêché par d'autres bateaux. Le seul poisson autorisé à la vente est celui de son mari et ses clients ne peuvent être que des particuliers. La loi pêche de 1997 interdit aux pêcheurs qui créent une poissonnerie de vendre aux restaurants.
Elle décide de créer un atelier de mareyage qui lui donne la possibilité d'acheter et vendre du poisson librement sans contraintes. Une fois son projet définit, elle essaie d'accéder à des informations sur des éventuels financements. Il a été impossible d'avoir accès à ces informations localement. Ni les affaires maritimes ni le comité régional n'étaient en mesure de l'informer. Elle a été obligée de se déplacer à Paris au ministère pour avoir les informations. Nous avons eu beaucoup de difficultés pour remplir le dossier IFOP (Instrument Financier d'Orientation de la Pêche ) pour l'obtention des subventions européennes et ensuite nationales. J'ai eu besoin d'environ 2 ans pour mettre en place l'affaire" (6). Deux années c'est long, et c'est suffisant pour décourager les femmes.
C . offre un grand choix aux clients car elle importe par le continent des espèces non pêchées localement telles que la sardine, l'anchois, le maquereau. Elle emploie deux personnes à mi-temps, l'une travaille à la poissonnerie et l'autre part en tournée avec la camionnette dans les villages de montagne. C . pour le moment ne touche pas de salaire. Elle ne travaille que 6 mois par an « au moment où il y a des clients ... » (7). Par ailleurs, son mari ne peut pas travailler pendant l'hiver à cause du mauvais temps. Leur vie est organisée comme ça. Mais si C. avait su dès le départ les difficultés pour réaliser son projet elle aurait abandonné.
Une expérience collective
La vente de poisson à la halle à poisson d'Ajaccio est un autre exemple à présenter ici. Dans ce cas, il s'agit d'un projet collectif mis en oeuvre par les pêcheurs. Le bâtiment des halles d'Ajaccio, une de deux principales villes de l'île, avait besoin d'être rénové. Les organisations professionnelles montent un projet et le présentent pour obtenir des financements publics. Le projet a été entièrement financé par l'Union Européenne (IFOP) et la collectivité territoriale. Une fois la halle rénovée sa gestion a été donnée à la ville d'Ajaccio. La prud'homie a demandé l'attribution des 20 postes de vente disponibles dans la halle pour les pêcheurs. Dans un premier temps, cette demande a été contestée par les commerçantes qui occupaient précédemment la halle car elles ne voulaient pas perdre leur travail. Peu de temps après, un compromis a été trouvé : les pêcheurs et les commerçantes allaient avoir accès aux points de vente. Les femmes (épouses, soeurs ou les mères) ont été appelées pour occuper les postes de vente attribués aux pêcheurs candidats. Chaque point de vente peut écouler le poisson de trois navires.
La vente directe réalisée par les femmes vise l'amélioration des revenus de la famille. Les femmes qui vendent le poisson veulent que tout le monde respecte la qualité et la fraîcheur des produits : " Nous ne pouvons pas vendre du poisson datant de plusieurs jours au même prix que le poisson du jour. Nous devons faire attention pour préserver l'image de qualité dont nous bénéficions auprès de notre clientèle " (8). Les viviers à langoustes ne sont pas suffisants pour accueillir séparément la production de chacun des navires, elles sont souvent stockées dans un vivier commun.
Malgré ces difficultés de fonctionnement la halle commercialise environ 80 tonnes de poisson par an. Elle constitue un exemple à suivre par les autres ports de l'île. Les autorités territoriales et les organisations de pêcheurs incitent à la création d'infrastructures de ce type. Les projets de construction de halles peuvent bénéficier de financements (Europe et Collectivité territoriale) à hauteur de 100 % de leur coût.
Restauration
Bien que les restaurants soient nombreux, les restaurants appartenant à des pêcheurs ont une très bonne renommée auprès des touristes mais aussi de la population locale. Ils sont susceptibles d'offrir du poisson de bonne qualité puisqu'il est pêché par le patron lui-même. Les épouses des pêcheurs jouent un rôle important dans cette activité car elles s'occupent de la gestion, de l'administration sans oublier le service ou la cuisine. Mais le travail de l'épouse n'est pas suffisant pour maintenir une telle activité. Pendant la haute saison touristique il faut beaucoup de monde, et pour cela ils ont recours à une main d'oeuvre saisonnière, généralement venue du continent.
La restauration fait partie des activités qui servent à mieux valoriser la production de l'époux. Peu de familles ont développé cette activité car comme certains pêcheurs nous l'ont dit " l'ouverture d'un restaurant nécessite des capitaux et très peu de familles de pêcheurs en disposent " (9).
Regardons comment les femmes et les hommes qui possèdent un restaurant s'expriment sur leur activité. Dans tous les entretiens nous trouvons une caractéristique commune : l'importance d'être à la fois pêcheur et restaurateur. Ceci constitue un avantage par rapport aux autres restaurants de fruits de mer. L'image du bateau est un atout majeur à la réussite de cette activité.
Quand nous regardons les guides touristiques sur la Corse à la rubrique restaurants nous voyons que les restaurant appartenant à des pêcheurs sont signalés ! Ils sont conseillés car il s'agit de restaurants où on peut déguster du poisson et des fruits mer frais mais aussi locaux ! Les touristes qui visitent l'île recherchent à consommer du poisson. L'été, les vacances à la mer sont généralement synonymes de consommation de poisson. Les restaurants de pêcheurs font salle comble pendant la haute saison.
A. et H . sont des habitants de Centuri, principal port langoustier de France (10), et ils possèdent un restaurant. Ils proposent des plats préparés avec des poissons et crustacés provenant de leur bateau. Les poissons et fruits mer pêchés par H ne sont pas suffisants pour satisfaire leur clientèle et ils sont obligés de s'approvisionner auprès des autres bateaux de leur commune. Les spaghettis à la langouste ont fait la renommée du restaurant.
H. est pêcheur et il a appris le métier auprès de son père avec qui il a travaillé pendant plusieurs années avant de pouvoir se mettre à son propre compte. Quand il s'est marié, son épouse A . a fait les saisons au restaurant tenu par sa belle-mère. C'est pendant ces années qu'elle a appris le métier.
Elle nous dit qu'avant 1988, moment de l'ouverture de leur restaurant, ils étaient un couple sans maison. Pour ouvrir leur propre restaurant les deux époux ont contracté un crédit auprès de la banque. Mais il a fallu que " ma belle-mère se porte garant auprès de la banque. Sinon on n'aurait rien eu... les banques ne prêtent pas d'argent aux corses ". La famille prête aussi une partie des capitaux nécessaires pour compléter l'apport initial pour commencer une telle activité. A . admet qu'un jeune couple ne peut pas démarrer une telle activité sans l'aide financière de la famille.
Au point de vu légal, les deux activités exercées par les deux époux sont séparées. Le restaurant est au nom de A. et le bateau au nom de son époux. H. considère que l'ouverture du restaurant leur a permis d'augmenter le revenu familial dans la mesure où la pêche ne dure que six mois par an et ne laisse pas d'argent (11). Aujourd'hui, ils sont propriétaires d'une maison, du bateau et du restaurant.
Le restaurant leur procure la plus grande partie de leur revenu mais la courte durée de travail fait que leurs revenus ne sont pas très élevés. Le " chiffre d'affaire de la famille montre la prédominance du restaurant ".
Le restaurant marche très bien grâce aux touristes italiens qui sont disposés à payer très cher pour manger de bons produits. Les touristes français ne sont pas prêts à mettre le même prix que les Italiens. Les Allemands sont les touristes qui dépensent le moins en nourriture sur l'île.
Aujourd'hui H . passe plus de temps au restaurant qu'en mer. Il travaille en compagnie d'un matelot. Mais il aime son métier " et pendant la saison creuse au niveau du restaurant il va pêcher pour son plaisir ". Aujourd'hui, comme d'autres pêcheurs de l'île, il pense aussi proposer des sorties pêche aux touristes car c'est une activité offrant des revenus importants.
La plus grande difficulté rencontrée par les navires et par toues les autres activités est le manque de personnel. Souvent les bateaux travaillent avec une seule personne à bord parce qu'il est difficile de trouver des marins. Les saisonniers originaires du continent sont la solution mais dans tous les cas, la question du logement de ce personnel reste un problème. En effet, il est quasiment impossible de trouver des logements pour les saisonniers en dehors des campings. Les employeurs ne veulent pas non plus loger les saisonniers dans leurs maisons car ceci pose de graves problèmes de cohabitation.
Le deuxième couple rencontré est aussi originaire de Centuri. Ce couple gère un hôtel restaurant à l'entrée du village. S . est originaire du continent et elle est venue travailler à l'hôtel en tant que saisonnière. Elle rencontre B . avec qui elle se marie à l'âge de 16 ans et elle reste définitivement en Corse. Le père de B . était pêcheur et sa mère tenait ce même hôtel restaurant qu'ils gèrent à leur tour aujourd'hui. La gestion de l'hôtel et du restaurant est la responsabilité de S . Elle s'occupe de la gestion et des questions logistiques et administratives.
Le poisson vendu au restaurant provient du bateau de B. . Il sort en mer plusieurs fois par jour, le matin entre 5h30 et 9 heures et l'après midi entre 15 à 18 heures. Ceci est possible parce que les lieux de pêches sont assez proches du village. Cette organisation du travail lui permet d'être présent au restaurant pendant le service de midi où il donne un coup de main.
Les deux pêcheurs rencontrés à Centuri nous ont parlés de l'organisation de l'activité de pêche dans leur commune. A Centuri il y a 7 bateaux de 10 à 12 mètres qui utilisent principalement les engins de pêche suivants : les trémails à grandes ouvertures ou à petites ouvertures. Ils ciblent les langoustes, les araignées, des chapons, des pageots et les sérioles (yellowtail) pendant la saison. Les langoustes sont leur principale espèce cible car elle offre le plus de revenus. La pêche à la sériole se déroule entre mi-juin et mi-juillet. La sériole est pêchée à l'aide des madragues ou des thonnaires, terme plus souvent utilisé par les Corses. Il s'agit de filets fixes non couverts qui se posent sur le fond. La prud'homie définit les lieux où les madragues peuvent se poser. Les postes de pêche sont déterminés sur la base de la connaissance des pêcheurs car ils ne savent par où "les sérioles passent". Les membres de la prud'homie tirent au sort les postes de pêche et chacun cale son filet à l'endroit obtenu. Toutes les semaines il y a un nouveau tirage pour permettre à tous les pêcheurs d'occuper un meilleur poste de pêche. Le tirage au sort des postes rend tous les pêcheurs égaux. La sériole est consommée en forme de darne grillée ou encore crue en tartare.
L'activité halieutique à Centuri comme partout en Corse est environ de six mois par an. La période de travail correspond à la période touristique mais aucun conflit de cohabitation entre les différents usages n'a été mentionné pendant les entretiens. La fin de la saison touristique signifie pour les habitants de Centuri le calme, le silence mais aussi le temps de la réparation des bateaux, des maisons, bref, de tous les travaux d'entretien. Un certain nombre d'habitants du village vit mal cet isolement hivernal et il préfère partir en ville sous prétexte d'accompagner les enfants à l'école. Bastia, la ville la plus proche, est à une heure et demi en voiture pendant la bonne saison. En hiver elle devient inaccessible, avec des routes sinueuses et étroites qui peuvent devenir impraticables en cas de pluie.
Le concept pêche et tourisme
Le terme "Pesca-Tourismo" est souvent mentionné en Corse par les représentants des organisations professionnelles. Il s'agit de la possibilité de combiner la pêche avec le tourisme. « L'auberge bleue », qui est l'équivalent à de la "Ferme auberge" qu'on trouve en agriculture, est une possibilité. Les pêcheurs créeraient des auberges où les touristes pourraient venir manger les produits pêchés par le bateau. C . épouse d'un pêcheur côtier, s'est penchée sur cette activité au moment où elle a voulu diversifier les activités familiales. " Au départ j'ai voulu ouvrir une auberge bleue. Tu reçois des touristes à qui tu prépares à manger les produits du bateau. Bien que tout le monde parle de l'auberge bleu personne n'était en mesure de nous fournir des informations nécessaires. Une fois que j'ai réussi à obtenir les informations j'ai compris les inconvénients qu'un tel établissement représente. Il est, en effet, interdit de vendre de la viande... mais la clientèle ne vient pas quand on n'offre pas la diversité ".
Les sorties de pêche sont une autre activité qui pourra se développer dans le cadre de la diversification des activités familiales. La loi sur la pêche (1997) ouvre la porte à ce type d'activités. Les pêcheurs peuvent transporter des passagers à condition de remplir les conditions suivantes : présence de gilets de sauvetage à bord des navires, adhésion à une assurance et enfin déclaration préalable des noms des passagers à l'administration maritime. Certains pêcheurs corses pratiquent déjà cette activité. Les sorties sont payantes et elles rapportent un revenu important aux pêcheurs qui les pratiquent. Chaque touriste paie environ 75 € pour la sortie. L'assurance ne représente pas un coût important puisqu'elle est de 300 € par an. Le nombre de passagers autorisés est en fonction des dimensions du navire et il ne doit jamais dépasser les 3.
Les bénéfices économiques rapportés par ces activités sont élevés et attirent les autres pêcheurs. Ils peuvent devenir encore plus importants si les épouses s'engagent aussi. Elles pourraient alors cuisiner les captures faites pendant les sorties de pêche aux personnes qui y ont participées et à leur famille.
Discussion
Dans certaines régions européennes la pêche ne peut plus être la seule source de revenus pour des familles de pêcheurs. La raréfaction de la ressource, les conditions climatiques et bien d'autres raisons font que les ménages doivent exercer plusieurs activités pour survivre. Le développement de nouvelles activités repose souvent sur les conjointes car les hommes abandonnent rarement la pêche.
La réduction du temps de pêche n'est pas toujours synonyme au renouvellement de la ressource. En Corse, les stocks de langoustes ne cessent pas de se détériorer et ceci malgré les 5 mois d'interdiction de pêche. Ainsi les résultats escomptés par un tel arrêt restent insuffisants. On suppose que l'effort de pêche doit, considérablement, augmenter pendant la période autorisée de pêche. Le développement des activités complémentaires au sein de la famille pourra avoir un meilleur résultat sur la ressource que l'arrêt de pêche. L'augmentation du revenu familial par les activités complémentaires pourra inciter les pêcheurs à réduire l'effort de pêche.
Le tourisme aide au développement des activités complémentaires qui sont généralement liées à une meilleure valorisation de produits halieutiques : la vente directe ou la création des restaurants vont dans ce sens. Les familles cherchent à augmenter leurs revenus pour assurer leur survie pendant les mois où l'activité de pêche est réduite. Les femmes sont le principal pilier du développement de ces activités de diversification. Leur participation active au sein de l'entreprise de pêche leur a fait sentir le besoin de se former pour assumer des nouvelles responsabilités.
L'organisation d'un cours de formation sur l'utilisation de l'outil informatique pour la comptabilité a donné l'occasion aux femmes de l'ensemble de l'île de se rencontrer. A partir de là, les femmes ont senti le besoin de créer leur propre organisation. Tout d'abord, l'objectif premier est la socialisation et ensuite pour se battre pour leurs propres droits.
Le principal noyau de l'association est constitué par les femmes d'Ajaccio qui vendent le poisson à la halle à poissons. Les femmes d'Ajaccio ont consolidé l'association malgré l'éloignement avec les autres ports. La géographie et la division administrative de l'île ne rendent pas facile la rencontre des femmes, qui sont généralement entre une et quatre par port.
Le fait qu'il existe un grand nombre de femmes qui se rencontrent quotidiennement sur leur travail consolide l'association. Par ailleurs, il faut noter le rôle centralisateur joué par l'assistante sociale des pêches. Dans le cadre de leur travail les assistantes sociales effectuent des tournées dans les différents ports de l'île où elles rencontrent ainsi les femmes. Elles jouent en quelque sorte le rôle des animatrices du réseau, elles apportent et transmettent les informations vers les femmes et entre les femmes.
Aujourd'hui, les représentants des organisations de pêcheurs souhaitent que les femmes jouent un rôle économique et social plus important au sein du secteur. Elles sont perçues comme des partenaires des organisations des hommes. Elles sont invitées à participer aux réunions des organisations des pêcheurs. A notre sens, les responsabilités prises et bien assumées par les femmes au sein de la halle d'Ajaccio ont démontré aux hommes que les femmes sont des partenaires égaux. Elles ont les moyens et les capacités d'assumer beaucoup plus de responsabilités au sein du secteur si les portes des organisations professionnelles leur sont ouvertes, non pas à titre individuel, mais en tant que groupe. Peu de femmes en Corse ont opté pour le statut de conjointes collaboratrices (12) qui leur permettrait d'être élues au même titre que les hommes à la direction des organisations masculines.
Références:
1. Entretien avec M. pêcheuse côtier de Porto
2. Entretien avec J.-T. pêcheur côtier
3. Entretien avec F. épouse de pêcheurs
4. Entretien avec F. épouse de pêcheur
5. entretien avec G. propriétaire de 2 chalutiers
6. Entretien avec C. épouse de pêcheur et gérante de la halle de mareyage
7. Entretien avec C. épouse de pêcheur et gérante de la halle de mareyage
8. Entretien avec A. épouse de pêcheur et vendeuse de poisson à la halle d'Ajaccio
9. Entretien informel avec le 1 er Prud'homie de Ajaccio.
10. Entretien avec le président du comité régional de pêches maritimes de Corse
11. Entretien avec H. pêcheur et patron d'un restaurant
12. Depuis 1998, les épouses de pêcheurs ont obtenu un statut légal, il s'agit du statut de conjointe collaboratrice. Elles peuvent se déclarer et payer une cotisation sociale auprès de caisse de sécurité sociale de pêcheurs. Cette cotisation leur donne accès à une retraite. Les femmes qui optent pour le statut de conjointes collaboratrices peuvent participer aux élections des organisations représentants de pêcheurs au même titre que les hommes.
13. K. Frangoudes, France, in Inshore Fisheries Management , D. Symes and J. Phillipson (eds) Kluwer Academic Publishers, Netherlands, (2001).
14. K. Frangoudes, Changing Fisheries Management Institutions in the French Mediterranean, MARE Working Papers n° 4, Aarhus, (1995).
15. G. Mondardini, Fishing and Tourism in the Mediterranean: The cause of Sardinia in Europe's Southern Waters: Management Issues and Practice , edited by David Symes, Fishing News Books, Blackwell Science, (1999).
16. G. Mondardini, Territoire de frontière, pêche et parcs marins entre la Corse et la Sardaigne, publié dans L'île laboratoire, Textes réunis par Ann Meistersheim, éditions Alain Piozzola, Ajaccio, (1997).
17. G. Pergent, C. Pergent-Martini, Les aires spécialement protégées en milieu insulaire méditerranéen, publié dans L'île laboratoire, Textes réunis par Ann Meistersheim, éditions Alain Piozzola, Ajaccio, (1997).
18. Préfecture de Corse/ Collectivité territoriale Corse, Document Unique de Programmation 2000-2006, République Française (2000).
19. G. Raveneau, Frontière et Liens à la périphérie: la Corse et la Sardaigne , Europaea , II,1, (1996).
20. E. Tempier, Mode de régulation de l'effort de pêche et le rôle des prud'homies : le cas de Marseille , Martigues et Brusc, contrat IFREMER, Université d'Aix-Marseille, (1985).
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